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    Index du Forum » » L'homme avisé » » Apprendre à vivre dans la nature  
    AuteurApprendre à vivre dans la nature
    chenoa
    1217       

    chenoa
      Posté : 14-02-2009 14:43





    Les stages de survie ou comment se sentir libre




    Bonjour les amis,

    En ces temps difficiles et après les deux récentes tempêtes qui ont frappées la France et les catastrophes naturelles qui se multiplient, il me semble pertinent de vous présenter un stage de survie que nous avons récemment fait avec Pat.

    Loin de jouer les rambos dans la nature, ce stage avait pour vocation de nous apprendre les bases de la survie telles que faire du feu, purifier de l'eau, les premiers gestes de secours, les plantes comestibles et utiles à utiliser dans la nature, à faire son abris et beaucoup d'autres choses encore.

    En plus du fait d'avoir passé un week-end dans un endroit magnifique qu'est le Vercors, ce stage nous a appris comment interagir avec la nature. Le plus souvent, lorsque l'on fait des randonnées, notre activité principale est la marche et la contemplation de ce qui nous entoure. Ici c'était vraiment différent puisqu'on devait répondre à nos besoins primaires en se débrouillant avec les moyens du bord*, le tout dans le froid et la neige.

    C'est ça qui était beau. La nature c'est pas comme dans les dessins animés avec tous les animaux gentils et un soleil éclatant. La nature peut être violente et a son caractère, ses dangers, ses mystères et ce pouvoir que l'on peut appeler Wakan Tanka comme certain Amérindien pour ceux qui le perçoivent.

    Par ailleurs, en passant du temps dans la nature, on se rend compte à quel point nous avons besoin d'objets inutiles et polluants. Je peux vous dire que lorsque l'on se retrouve dans la nature avec nos déchets, on réalise qu'ils ne disparaissent pas mais se retrouvent dans les océans, sur la terre et sous terre comme nous l'avons évoqué dans le forum. L'illusion des villes empêche certaine personne de percevoir ce fait.

    **********

    Aujourd'hui, pour ceux qui vivent en France, vous avez encore la possibilité d'apprendre à vivre dans la nature et les techniques passées grâce aux nombreux stages qui y sont donnés.

    Je vous le conseille hautement!

    Un être humain véritable, une fois retourné dans son élément ne peut plus s'en passer...car la nature fait parti de lui.

    ***********

    Voici le lien de David Manise, moniteur de survie:

    Les stages de survie de David Manise

    Voir aussi :

    Les stages de François Couplan sur les plantes comestibles et autres apprentissages


    La liste n'est pas exhaustive, cherchez vous-même et faites nous partager vos découvertes.


    * Le stage étant pour débutant, nous avions bien sûr de quoi nous protéger et nous nourrir.

    [ Message édité par : chenoa : 27-02-2013 14:15 ]

      Profil  Citation   
    Pat
    1274       

    Pat
      Posté : 22-02-2009 11:26



    Bonjour à tous,
    Chère Chenoa,

    C'est une expérience formidable que d'avoir fait ce stage. D'abord, nous avons passé de très bons moments - même quand ils étaient difficiles - eh oui ! on trouve du plaisir et de la joie dans tout après - ensuite nous avons appris des choses extrêmement utiles.

    ! Tout ceci constituait une base dans l'éducation des jeunes enfants. Nous avons la chance d'avoir en France ce genre de stage, et ouverts aux adultes !

    J'ajoute que c'est aussi excellent pour le caractère on ne peut pas avoir d'ego dans la Nature.

    ***



    Pour continuer dans notre registre "Apprendre à vivre dans la nature",

    Voici un site sur un tailleur de silex qui s'appelle Bernard Ginelli :
    L'atelier du tailleur de silex

    Il est certain que le silex ne remplacera par un bon couteau de cuisine pour préparer les plats. Mais c'est extrêmement bien tranchant, ludique à créer et en plus franchement bon marché.

    Imaginez qu'on fasse des ateliers à des enfants sur la taille du silex, faire du feu, tir à l'arc traditionnel (ou préhistorique ) - ils seraient ravis.

    Lorsqu'on cherche un peu, on trouve quantité de choses intéressantes à faire ou à apprendre.

    Ne pensez-vous pas qu'on pourrait facilement concilier l'apprentissage de toutes ces choses à l'éducation moderne ?

    L'Homme fait parti de la Nature. Il est son fils. C'est une joie quasiment magique de vivre auprès d'Elle

    Amitiés
    Patrick



    http://www.sens-de-la-vie.com/
    http://www.salvation-of-humans.com/
    Pour comprendre les enjeux actuels


    [ Message édité par : Pat : 22-02-2009 15:25 ]

      Profil  Citation   
    Alain
    10426       

    Alain
      Posté : 23-02-2009 05:06



    Chers Chenoa et Patrick

    Merci beaucoup de nous avoir fait part de votre belle expérience, ainsi que des liens.

    J'ai tout particulièrement apprécié le site du tailleur de silex qui réalise des reproductions magnifiques, et qui me paraissent fonctionnelles. A titre d'exemple, voici deux couteaux tentants pour un chasseur:



    Couteau KN09-005

    Longueur totale 17,6 cm, lame de 5,6 cm



    Le manche est en bois de renne. Son prix sans étui est de 50 €

    Un chasseur n'a pas besoin de plus pour dépouiller et débiter un cerf.

    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°° °°°




    Couteau KN08-062

    Une dague redoutable - Longueur totale 33,4 cm, lame de 20,7 cm



    Le manche est en bois de cerf. Ligature en fibres de tendons imprégnées de colle de peau.

    Son prix sans étui est de 420 €




    En dehors de cela, ce gars produit aussi des arcs, des propulseurs, des pointes de flèches et bien d'autres choses. Des pages retracent l'historique de Bernard Ginelli.

    Extrait:

    "La passion de la préhistoire lui vient très tôt et on peut dire qu'à l'instar d'un personnage célèbre: "il est tombé dedans étant petit". La curiosité, les expérimentations et les rencontres aidant, Bernard deviendra au fil des années l'un des meilleurs tailleurs de silex au monde et formera toute une génération de professionnels ainsi qu'un grand nombre d'amateurs.

    Bien que totalement autodidacte, il joue depuis 20 ans un rôle certain dans la médiation culturelle et travaille étroitement avec plusieurs équipes scientifiques."


    Lire son histoire


    Amitiés à tous.



    PS: Léger correctif pour Patrick. C'est bon marché si on les fabrique soi-même étant donné que ces matières se trouvent facilement et gratuitement dans la nature.



    http://www.sens-de-la-vie.com/
    http://www.salvation-of-humans.com/
    Sources d'inspiration pour tous


    [ Message édité par : Alain : 23-02-2009 05:25 ]

      Profil  E-mail  www  Citation   
    Pat
    1274       

    Pat
      Posté : 23-02-2009 08:46

    Bonjour à tous les amis,

    Oui ! oh pardon

    C'est effectivement bon marché si on les fait nous-mêmes. C'était ce que je voulais dire...

    Un autre tailleur de silex, Yannick Kepinsky :
    Couteaux préhistorique

    Yannick est présenté dans un magasine sur la chasse à l'arc, "Charc". Dans le même numéro, on y montre aussi une scéance de chasse préhistorique dans lequel le chasseur tire un chevreuil à l'arc préhistorique et le dépouille avec un joli couteau préhistorique, en obsidienne d'ailleurs.

    Bien sûr, ça avait l'air de marcher sans problème !

    Il faudrait que je puisse scanner quelques images.

    Bonne journée à tous
    Patrick




    http://www.sens-de-la-vie.com/
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    [ Message édité par : Pat : 23-02-2009 08:50 ]

      Profil  Citation   
    Alain
    10426       

    Alain
      Posté : 24-02-2009 04:12



    Bonjour à tous et merci Pat

    En complément....

    A certains égards le silex est supérieur à l'acier.

    Il tranche mieux et plus longtemps car il n'a pas besoin d'être aiguisé. Il faut savoir que le fait de s'interrompre plusieurs fois pour aiguiser sa lame d'acier quand on dépèce un animal est extrêmement désagréable. De ce fait le chasseur équipé d'un couteau en silex travaille beaucoup plus vite.



    Dépeçage d’un chevreuil tué par une flèche à pointe de silex, avec un couteau en silex




    Les flèches équipées de pointes en silex ont - à poids égal - un pouvoir de pénétration supérieur à celui des flèches équipées de pointes en acier.

    Une chose très peu connue est que les couteaux en silex sont restés en usage très longtemps dans la pratique de la circoncision chez les Juifs (ce n'est que depuis peu que l'emploi de l'acier est autorisé), et pour des taches plus ordinaires dans les campagnes. Certains disent qu'il y en avait encore au XIXème siècle.

    Par contre il est cassant ou finit par s'émousser, ce qui n'est pas très grave vu que dans beaucoup de régions on en trouve gratuitement partout. Dans mon enfance il était fréquent que je trouve des pointes de flèches dans les champs.

    Evidemment l'acier forgé ou coulé permet beaucoup plus d'usages.

    Amitiés à tous.







    http://www.sens-de-la-vie.com/
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    Sources d'inspiration pour tous


    [ Message édité par : Alain : 24-02-2009 04:31 ]

      Profil  E-mail  www  Citation   
    Alain
    10426       

    Alain
      Posté : 03-08-2010 03:34





    Bonjour amis lecteurs.

    Hier en rangeant ma bibliothèque j'ai retrouvé un livre précieux qui m'avait été offert et dédicacé par son auteur, Alain Saury en 1985.

    Dans la période actuelle c'est:

    Un livre indispensable



    Faites lui confiance



    Alain Saury fut poète, sculpteur, peintre, journaliste, écrivain, naturopathe. Président-fondateur de l'association Les Mains vertes en 1977, et académicien de l'Académie tibérine de Rome en 1979.

    Ce grand livre encyclopédique de 447 pages traite de tous les sujets à connaître (et à savoir pratiquer) pour survivre dans la nature. Cette image est celle de l'édition originale de 1981, que je pense être introuvable, mais heureusement - et malgré la mort de son auteur qui fut un homme remarquable -, vous pourrez l'acheter car il a été réédité.

    Amitiés à tous.


    Pour connaître son contenu et l’acheter



    http://www.sens-de-la-vie.com/
    http://www.salvation-of-humans.com/
    Sources d'inspiration pour tous


    [ Message édité par : Alain : 04-08-2010 03:17 ]

      Profil  E-mail  www  Citation   
    chenoa
    1217       

    chenoa
      Posté : 21-08-2011 13:00





    Bonjour les amis,

    Puisque ce post « Apprendre à vivre dans la nature » s’est particulièrement porté sur les couteaux, nous nous devons de parler des chefs d’œuvre réalisés par Michel Blum qu’Alain a bien connu et qui m'a rendue admirative en le découvrant aujourd’hui.


    Les couteaux de Michel Blum



    Image tirée de la page d'accueil de son site




    Voyez vous-mêmes les photos sur son site internet : blum-knives

    Amitiés



    Pour apprendre à Voir :

    http://www.sens-de-la-vie.com


    [ Message édité par : chenoa : 22-08-2011 04:04 ]

      Profil  Citation   
    Francoise
    10272       

    Francoise
      Posté : 11-11-2012 09:25

    Bonjour à tous,

    Grâce au sympathique blog Au bout de la route qui l'a transmis, j'ai eu hier la belle opportunité de visionner un film enthousiasmant !

    Des jeunes sont encore - ou à nouveau - de nos jours tentés d'expérimenter la valeur du retour à la nature à travers une expérience de plusieurs mois de vie de chasseurs cueilleurs durant laquelle ils n'ont recours qu'à ce qu'ils ont pu fabriquer eux-même, délaissant tout ce qui provient de la "civilisation" moderne .





    Cela est rendu possible par Lynx, "une femme de 45 ans, qui, depuis une vingtaine d'années, s'est détournée de la civilisation moderne et vit dans les forêts du nord-ouest des États-Unis. Passée maître dans les techniques de survie,…"





    Mais voyez plutôt !

    LYNX - Une Femme Hors du Temps (53'31)

    Lire : Lynx Vilden : un mode de vie pré-historique au pays de Mc Donald’s

    Le site de Lynx Vilden

    Album photos

    Contact : Email: lynxvilden (at) gmail.com





    -> http://www.sens-de-la-vie.com
    Heureusement, Wakan Tanka a prévu l' impermanence !!!




    [ Message édité par : Francoise : 25-01-2013 06:50 ]

      Profil  Citation   
    Francoise
    10272       

    Francoise
      Posté : 14-02-2016 21:33

    Dans la peau d’un chasseur-cueilleur

    "Le Vaudois Kim Pasche est parti sur les traces des peuples primitifs. Ses pas l’ont mené vers les forêts sauvages du Grand Nord canadien, où, pendant huit mois dans l’année, il vit de chasse et de cueillette.






    Lorsqu’il rencontre un ours au fond des bois, Kim Pasche ne part pas en courant. Il ne se jette pas à terre pour faire le mort.
    Il se met à parler à l’animal à voix haute, comme à un humain. «Je lui dis «Mon pote, j’aimerais passer».

    Le son de ma voix l’intrigue, il ne correspond à aucune de ses références, alors il me laisse tranquille. Si je suis face à un grizzli ronchon, je m’efface, pour lui laisser l’impression qu’il m’impose son territoire.»

    Kim Pasche porte ses cheveux noués en une longue tresse jetée sur l’épaule.En Suisse, il se promène en jeans et baskets.
    De retour dans les bois, il revêt ses vêtements d’Apache.

    Pendant huit mois de l’année, ce Vaudois de 30 ans vit dans la forêt, entre les Territoires du Nord-Ouest et le territoire du Yukon, au Canada

    Il se nourrit de baies, d’herbes et de bêtes chassées à l’aide d’un arc et de flèches qu’il a fabriqués. Il dépèce les cadavres, tanne les peaux et coud ses propres vêtements à l’aide d’une aiguille en os et de fil en tendon.

    «J’ai quasiment atteint mon but: entrer nu dans la forêt et y vivre en autarcie totale», dit-il.

    Kim Pasche se définit comme un «archéologue expérimental», lancé sur les traces des peuples premiers.
    Il tente de remonter le fil de l’histoire aussi loin que possible, jusqu’à l’époque des derniers chasseurs-cueilleurs.
    Ceux qu’il préfère nommer les «collecteurs», par opposition aux «agriculteurs».

    Un mode de vie que les Occidentaux ont abandonné il y a près de 10 000 ans, à l’ère postglaciaire du mésolithique, quand les populations ont commencé à se séden­tariser pour cultiver la terre.
    Aux yeux de Kim, c’est à ce moment que l’homme décide de «transformer son environnement plutôt que de s’y adapter».

    A l’âge de 22 ans, le Suisse se met en quête d’une terre sauvage, dont les conditions se rapprochent le plus de cet âge préhistorique. Il jette son dévolu sur le Grand Nord canadien, vastes étendues de forêts, de montagnes et de lacs peuplées de caribous, d’élans, et de grizzlis, recouvertes de neige une bonne partie de l’année.

    Sophie Cartini, une amie, se souvient de lui à la veille de son départ: un garçon à l’optimisme inébranlable, extrê­mement sûr de lui, prêt à tout pour réaliser son but, qu’elle décrit comme «une quête presque ­spirituelle: trouver l’origine de l’homme». «Tout le monde l’a traité de fou, poursuit-elle. Dix ans plus tard, il a montré que c’était possible.»

    Il acquiert pour une bouchée de pain un terrain plus grand que le canton de Vaud.Tous les mois d’août, il plonge dans les bois pour parcourir des kilomètres à pied, en nomade. Il passe alors ses journées à chercher sa nourriture, construire une hutte pour dormir et faire du feu.

    En novembre, il retourne à sa cabane de bois et se fait trappeur, avec motoneige et canoë, à mi-chemin entre le monde moderne et la vie sauvage.

    Il attrape mouflons, ­caribous, loups, porcs-épics, perdrix.

    Mais il ne chasse jamais l’ours: «Avec eux, c’est le statu quo: ils ne m’attaquent pas, je ne les touche pas.»

    Au printemps, il sort du bois et retourne en Europe pour donner des stages de survie, sa principale source de revenu.
    «Il y a un fossé entre le fantasme de la vie sauvage et la réalité, explique le jeune homme. Je me suis pris des baffes au début. Ma manière de penser n’était pas adaptée. Lorsqu’il pleuvait, je cherchais un vêtement pour me protéger, avant de comprendre que la meilleure chose à faire est de se mettre à l’abri pour attendre la fin de l’averse. J’ai appris la patience et la concentration.»

    Mathias Thorens, un vieux copain d’école, a rejoint le trappeur dans la forêt pour quelques semaines l’an dernier.
    «A 20 ans, il n’avait pas une vie facile. Il est parti chercher la liberté dans des situations extrêmes, et il s’est fait tout seul, à force de débrouille.»
    Il existe un danger plus grand que les ours dans les forêts du Grand Nord: les rivières.
    Lorsque les glaces fondent en été, elles se transforment en torrents redoutables.
    Sous-estimer leur puissance peut s’avérer fatal. Christopher McCand­less, le protagoniste du film Into the Wild, tiré d’une histoire vraie, en a fait l’expérience lorsqu’il s’est retrouvé pris au piège au fond de l’Alaska, entouré d’une rivière et de montagnes.

    Kim Pasche n’aime pas qu’on le compare à l’idéaliste américain, qui cherchait au fond du bois les réponses à ses interrogations existentielles et n’a trouvé qu’une mort solitaire, d’épuisement et de faim.
    De plus en plus souvent, raconte-t-il, les trappeurs voient débarquer des citadins mal dans leur peau convaincus qu’ils trouveront dans la nature un moyen de redonner un sens à leur vie.
    «En général, ça se passe mal. Si on ne les évacue pas, ça se termine comme dans le film.»

    Avant d’apprendre à parler aux grizzlis, le jeune homme grandit à Moudon dans une famille d’agriculteurs et de bûcherons.

    Il passe son enfance à l’orée de la forêt, au côté de son grand-père. Un «pionnier», raconte-t-il, qui se chauffait à l’électricité solaire lorsqu’on commençait à peine à en parler en Suisse.
    Pendant ses études au gymnase de Lausanne, il se voit éducateur spécialisé, mais se lasse vite des «théories».
    Il décide alors de se lancer dans l’artisanat du cuir et acquiert une pile de peaux tannées qu’il entrepose dans le grenier de son grand-père.
    Ses projets partent en fumée lorsqu’un incendie emporte la maison de son aïeul.

    Sa fascination pour les techniques anciennes le conduit à Gletterens, dans la Broye, où des archéologues ont reconstitué un village lacustre du néolithique.
    Il est engagé comme animateur, pour montrer aux curieux et touristes de passage comment tailler des flèches en silex et faire un feu avec deux bouts de bois.
    Peu à peu, Kim Pasche se heurte aux limites de l’expérience.
    «On tente de comprendre les modes de vie humains en reproduisant leurs techniques, mais on ne saisit pas leur vision du monde. Je voulais retrouver les conditions de vie des peuples premiers et les expérimenter au quotidien.»

    Daniel Dall’Agnolo a rencontré le jeune homme à cette période.
    Au­jourd’hui responsable de la médiation culturelle du Laténium, musée archéologique à Hauterive, dans le canton de Neuchâtel, il est à l’origine du projet de village lacustre.
    «Kim Pasche voulait tout ­expérimenter seul, se souvient-il.

    L’autarcie qu’il recherche est peut-être un mythe.

    Il y a 13 000 ans, il y avait déjà des écoles, des échanges entre communautés.
    Les chasseurs-cueilleurs vivaient en groupe.
    Kim Pasche est un solitaire, c’est la limite de son expérience.
    Mais c’est le résultat qui compte, et il a développé une connaissance exceptionnelle de la nature dont nous aurons tous besoin un jour», estime l’archéologue.

    «A chaque fois que je sors du bois, dit Kim Pasche, je me dis que, ce que je vis ici, c’est la réalité. Je touche au vrai quand je dois me démerder pour attraper un animal, pas quand je reçois un salaire à la fin du mois.»

    Pourtant, l’homme des bois n’est pas un utopiste. Pendant quatre ans, il travaille quelques semaines comme saisonnier pour baliser les terres vierges au nord du Canada afin de les préparer à l’exploration par des compagnies minières, qui génèrent des millions avec l’extraction de l’or, du cuivre ou du cobalt. Déposé par hélicoptère en haut d’un sommet, il parcourt alors le terrain en raquettes et plante un piquet tous les 500 mètres, suivant des coordonnées GPS. A raison de sept jours sur sept pendant un mois, le travail peut rapporter jusqu’à 15 000 francs.

    Comment vivre en paix dans la nature tout en travaillant pour ceux qui l’exploitent?
    «Il n’y a aucune différence entre acheter un iPhone et participer à l’extraction du minerai qui sert à le fabriquer», rétorque le jeune homme, qui s’est fait voler son téléphone quelques jours plus tôt.

    «Nous vivons de façon illimitée dans un monde aux ressources finies, j’appartiens à ce système et j’ai besoin d’argent, comme tout le monde. La différence, c’est que j’ai appris à m’en passer. Si on m’ôte mes biens demain, je n’irai pas manifester dans la rue. Mais mon but n’est pas non plus de m’extraire de la civilisation et de vivre en ermite. Je veux transmettre mes connaissances.»

    A l’état sauvage, Kim Pasche tente de déprogrammer son mode de pensée: «On place de la morale dans ce qui nous arrive.
    On croit que la nature nous en veut.

    Dans les bois, j’ai appris que les choses ne sont ni bonnes, ni mauvaises, elles sont, c’est tout.»
    A 10 ans, le premier livre qu’il achète avec son argent de poche, se souvient-il, est intitulé Manuel de la vie sauvage. (*)
    Désormais, il écrit lui-même le mode d’emploi. Il est l’auteur d’un ouvrage sur les techniques pour faire du feu, fabriquer des cordes, des colles végétales, un arc et des flèches*.

    Des techniques qu’il s’apprête à perpétuer: le gouvernement canadien vient de lui octroyer un titre pour enseigner les «savoirs ancestraux» à l’école, dans le Yukon.

    «Un jour ou l’autre, on me demandera, à raison, de quel droit un descendant des colons apprend aux autochtones à fabriquer un arc et des flèches.»

    Pour résoudre ce paradoxe, Kim Pasche compte se rendre dans la forêt amazonienne l’an prochain, en compagnie du Français Eric Julien, introduit parmi les Indiens kogis de Colombie.

    Là, il ­demandera un accord aux chefs locaux pour transmettre ses connaissances et obtenir le statut de «passeur de nature».

    A la veille de son retour au Canada, Kim Pasche se réjouit : il a convaincu sa copine de l’accompagner dans les bois.
    «Un travail continuel. Peut-être même le plus difficile», glisse-t-il."

    Voir le reportage passionnant ici (1h29'16")






    Son livre : Arts de vie sauvage, gestes premiers

    Vu ici

    (*) Alain a présenté ce livre plus haut sur ce post.



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    Message édité par : Francoise / 15-02-2016 06:18


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