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Naissance et progression d'une nouvelle façon de penser juste
Alain
10426       

  Posté : 17-07-2009 05:20



Bonjour à nos amis lecteurs.

Bon, je vois que le silence règne. Normal, tout le monde n’est pas retraité comme moi !


Revenons à notre sujet principal qui est je le rappelle "Naissance et progression d'une nouvelle façon de penser juste".

Précédemment j’ai décrit comment, après avoir quitté Paris et sa grisaille, je découvris dans un petit village (de Seine et Marne) l’abondance merveilleuse de la vie à la campagne. Comme je l’ai dit ce fut pour moi un émerveillement constant. Mais dans ce petit âge (j’avais moins de 10 ans) j’étais loin de me douter qu’avant l’ère des lapins, des perdreaux, il fut des temps plus anciens où aux mêmes endroits régnaient (vraisemblablement) en maîtres de grands troupeaux de chevaux sauvages dans les plaines, ainsi que de cerfs, et même d’aurochs dans les forêts, sans compter les sangliers, les loups et les ours. Je n’avais pas encore appris que dans des temps encore bien plus lointains - où le climat était très différent -, ces espaces étaient parcourus par des mammouths, des rhinocéros, et même des lions, et bien d’autres espèces, sans oublier les hommes.


Heureusement j’étais doté d’une curiosité insatiable dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres. J’eu la chance que dès l’âge de 14 ans ma mère m’abonna à des revues scientifiques (notamment d’archéologie, un domaine que j’ai étudié toute ma vie) et par la suite - durant ma carrière professionnelle, qui dura 25 ans -, d’exercer un métier passionnant, de beaucoup voyager et de connaître beaucoup de grands hommes, qui eurent la bonté de partager avec moi leurs connaissances.

Et c’est ainsi que je pris conscience des fabuleuses richesses de la terre du temps où celle-ci était encore pratiquement intacte de l’empreinte humaine.

C’est aussi ainsi que je pris conscience que les hommes de ce passé lointain était loin de vivre dans la misère et la famine, comme la pensée dominante d’alors tendait à nous le faire croire. Une attitude très excusable si l’on sait que les données scientifiques qui démontrèrent le contraire n’ont été découvertes – pour la plupart – qu’au cours de la seconde moitié du XX siècle.

Aujourd’hui, ce progrès est accompli et a donné naissance au

Début de la prise de conscience des formidables richesses de la Nature qui ont été perdues.




Guy THIANT (1) - La table d’abondance.



La rivière déverse toutes les richesses sur la table (gibiers, écrevisses, escargots, champignons, légumes et fruits)




Selon moi celle-ci a débuté grâce, notamment, à la prise de possession de l’Amérique du Nord par les blancs, ce dont ils furent témoins. Même si pour la plupart ils ne pensèrent qu’à piller ces richesses sans vergogne, d’autres beaucoup plus tard commencèrent à s’interroger, notamment des historiens et des archéologues, sur ce que leurs ancêtres avaient vu ou vécu. Par la suite cette nouvelle façon de penser s’étendit.


Voici trois exemples :



I – Sur le passé lointain.

Aux USA des archéologues ont découvert les vestiges d'un peuple qui vécut il y a 12.000 ans et qu'ils nommèrent Folstom (du nom du premier site où fut découvert leur outillage hautement élaboré), et du gibier qu'il chassait. Ces gens pratiquaient des battues à pieds en poussant de grands bisons - qui adultes pesaient une tonne ou plus - vers un précipice ou un fossé.

Les ossements d'animaux trouvés, ainsi que les pointes de lance en silex, ont permis de se faire une idée assez juste du déroulement d'une chasse normale d'une journée pour un groupe estimé à 50 chasseurs (compte tenu du nombre de chasseurs paraissant nécessaires), il semble qu'ils obtenaient en moyenne 40 bisons par chasse, mais souvent bien plus. Supposant que chaque chasseur nourrisse 4 personnes en plus de lui-même, pour un clan de 250 personnes cela fait une part de viande par individu de 64 Kg, au moins trois mois de provision ! Bien entendu en faisant sécher la viande. J'ai basé ce calcul sur un poids net de 400 Kg de viande fraîche par bison abattu. (2)

Lire Cessez d'être con ! - Cours N° 2 (L'économie du chasseur préhistorique, comparée à celle du salarié actuel » Post du 18-11-2005)



II – Sur les ressources actuelles d’une zone préservée de forêt.

Citation : "Un récent calcul a montré que dans la partie inférieure de la vallée de l'Illinois, une parcelle de 25 km2 (2500 hectares soit la moitié de la surface d'une belle commune en France) fournissait en un an au moins 180 000 boisseaux de noix diverses, 50 000 boisseaux de glands, 100 cerfs, 10 000 écureuils, 200 dindons, et même 5 ours noirs! Ajoutez y les fruits saisonniers et des milliers de lapins, de ratons-laveurs et de marmottes, et vous comprendrez aisément pourquoi l'abondance est la marque de la civilisation archaïque (les Iroquois entre autres) de l'est du pays" (3) "L'Indien d'Amérique" de Flammarion:


Ces deux sujets étant déjà traités sur sens de la vie, je ne les développe pas, mais voici le troisième.



III – Sur ce qu’étaient celles de la mer.

Avant de vous parler de la mer, faisons une remarque préliminaire. De même que pour moi enfant, ce village, ses bois et ses champs, était Le modèle de La "nature", par référence auquel j’estimais les changements d’environnement que j’observais (jusqu’à je découvre ce qui a déjà été dit ci-dessus), de même tous les hommes agissent (à défaut d’une éducation appropriée) par référence au passé qu’ils connaissent. Même les scientifiques !

Notamment en ce qui concerne l’estimation de la diminution des ressources marines. En gros, le biologiste marin, ou l’halieute, considère que le «point zéro» de la population, c’est celui qu’il a rencontré au début de sa carrière. Au fil des années, elle diminue. Et le scientifique qui prend le relais considère, lui aussi, que le point zéro, c’est celui de sa jeunesse… donc plus bas. Evidemment ces méthodes faussent tout! (c’est pareil pour le réchauffement climatique).

Pour estimer les ressources halieutiques perdues, il faut utiliser l’Histoire.

Comme cette notation du frère mineur de Saint- François, Gabriel Sagard. En 1632, dans le Grand Voyage du pays des Hurons, il relate, agacé :
«ouïr les petits Balenots, et en ay veu une infinité, particulièrement à Gaspé, où elles nous empeschoient nostre repos par leurs soufflements et les diverses courses des Gibars [une baleine] et Baleines».

A l’époque, le Saint-Laurent grouille donc de cétacés au point de gêner le sommeil du marin. Voici un autre exemple tiré lui aussi, d’un article intitulé "Océans : le pillage des ressources" (voir lien en bas de page) qui, notamment, cite l’historien Jules Michelet (4)

«A certains passages étroits, on ne peut ramer, la mer est solide. Millions de millions, milliards de milliards, qui osera hasarder à deviner le nombre de ces légions (de poissons) ? On conte que jadis, près du Havre, un seul pêcheur en trouva un matin dans ses filets 800 000. Dans un port d’Ecosse, on en fit 11 000 barils dans une nuit.»

Dans ce passage, page 102 de l’édition originale de La Mer (1861), l’historien s’enflamme à propos du hareng. Le poisson miracle de l’Europe médiévale. Celui qui, salé, fumé, mis en barils, a nourri des générations d’Européens. Un poisson dont la fécondité frappe tant l’imagination que Michelet en arrive à craindre qu’il ne "comble" l’océan immense… si n’était la pêche, par des dizaines de milliers de nefs, depuis des siècles.

"En 1977, la pêche au hareng est interdite en Manche orientale, jusqu’en 1983. Après un pic à 277 000 tonnes en 1954, les prises ont pu chuter jusqu’à 9600 tonnes en 1968. Comment l’abondance d’hier, gigantesque au point de sembler infinie, a-t-elle pu déboucher sur un tel désastre? La pêche excessive, bien sûr. Mais également une sorte d’aveuglement collectif, auquel les scientifiques eux-mêmes ont, un temps, contribué, au rebours de leur rôle social'
(Andy Rosenberg de l’université du New Hampshire)

Pour la raison évoquée ci-dessus on ne peut pas raisonner sur les abondances des espèces marines avec les premiers chiffres "scientifiques" disponibles, comme s’ils étaient représentatifs d’un vrai point zéro, d’une mer… sans pêcheurs. C’est ce qu’a fait un certain Pauly, le fondateur de FishBase (5), base de données mondiale online sur les poissons, qui croule aujourd’hui sous les honneurs académiques, dont le prestigieux International Cosmos Prize japonais. Sous son impulsion, les scientifiques se sont mis en tête de retrouver cette mer originelle, vierge de l’intrusion humaine


Chapeau, une façon de penser juste est enfin née (dans ce domaine)!


Pour améliorer vos connaissances sur la Nature et ces sujets précis, je vous conseille de


Lire Océans : le pillage des ressources

Lire Les animaux nos frères sacrés.


Amitiés à tous




(1) Guy THIANT

(2) Il existe un site où environ 200 bisons furent tués en un jour, je ne l'ai pas pris comme référence d'une journée ordinaire.

(3) Le boisseau cité ici est une unité de mesure US, en volume elle est de 35 dm³, soit 35 litres.

(4) Jules Michelet, né le 21 août 1798 à Paris et mort le 9 février 1874 à Hyères, est un historien français. Auteur notamment de "Tableau chronologique de l’histoire moderne de 1453 à 1739" (en 1825), puis "Tableaux synchroniques de l’histoire moderne de 1453 à 1648" ( en 1826). Son ouvrage suivant, "Précis d’histoire moderne", fut publié en 1827.

(5) Daniel Pauly est un biologiste français reconnu comme l'un des plus grands spécialistes au monde des ressources marines.





http://www.sens-de-la-vie.com/
http://www.salvation-of-humans.com/
Sources d'inspiration pour tous

[ Message édité par : Alain : 05-06-2011 04:40 ]



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