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Naissance et progression d'une nouvelle façon de penser juste
Alain
10426       

  Posté : 14-07-2009 04:08



Bonjour à nos amis lecteurs qui viennent souvent sur sens de la vie.

Merci et nous vous souhaitons d’excellentes vacances.


Merci beaucoup cher Patrick.

Lorsque tu dis :


"Et peut-être que celles qu'on appelle "mauvaises herbes" ne sont pas si mauvaises que cela pour la terre. A condition de connaître les bonnes espèces sans doute "


Cela va bien au-delà de ce que tu penses. La réponse ci-dessous est à lire très attentivement.


Description de l'agriculture d'avant l'ère industrielle.



Je me souviens que dans mon enfance, ma mère et moi vivions dans une grande ferme d’un charmant petit village situé à quelques heures de Paris par train (avant 1950). Le village lui-même ne comptait que quelques maisons, des fermes pour la plupart, alignées le long de quelques rues pavées et parfois en terre battue, rues sans voitures ou presque.

Les paysans qui se levaient tôt, travaillaient les champs avec de gros chevaux car il n’y avait pas encore de tracteurs. Pas d’électricité non plus, celle-ci n’est venue que peu après notre arrivée. Ils n’utilisaient donc ni engrais, ni pesticides, ni désherbants chimiques, et de ce fait la forêt et les champs (cultivés en petites parcelles entourées de haies) grouillaient de vie.

J’avais découvert la terre (étant né à Paris), je courrais les champs et les bois de l’aube au coucher du soleil, par tous les temps, seul, libre et heureux. Je m’étais confectionné un arc de frêne et des flèches en noisetier, empennées avec des plumes de dindon, armées d’un gros clou forgé à froid en guise de lame. Avec cette arme rudimentaire je chassais un gibier abondant : le lapin.

(La sinistre myxomatose qui allait les anéantir, n’a été introduite volontairement par le Docteur Delille qu’en 1952, et il a du reste reçu pour cela le Mérite Agricole !).


A la pointe du jour je partais en forêt, m’asseyais près d’une garenne et me régalais à les voir sortir prudemment. Si je restais calme, je pouvais en voir ainsi des centaines ! Je me souviens aussi des compagnies de perdreaux gris dont l’envol soudain et bruyant dans les champs de blé parsemés de coquelicots et de bleuets, me décrochait le cœur. Ces mêmes cultures de céréales pullulaient aussi de sauterelles l’été.

Or cette abondance de « mauvaises herbes », d’insectes, et d’oiseaux mangeurs de grains, ne portait aucun tort important aux récoltes, qui étaient belles et abondantes.

N’oublions pas qu’au temps où la France ne connaissait pas encore l’agriculture industrielle, elle nourrissait – sans ces moyens : engrais, pesticides, désherbants chimiques – et dans l’abondance, une population de plus de quarante millions de personnes et qu’elle exportait de grandes quantités de produits agricoles.

NOTA important: Ceci est du au fait essentiel que les prédateurs sauvages (plantes, animaux et insectes) des champs cultivés s'auto régulent réciproquement, un phénomène capital dans lequel les haies jouaient un grand rôle (*). Les haies étaient non seulement des coupe-vents, qui protégeaient les terres de l'érosion due aux pluies, c'était aussi le refuge de milliers d'espèces qui vivaient en association avec les cultures. Tout ceci faisait du moindre champ un écosystème très complexe. Enfin n'oublions pas que si les perdreaux (ou d'autres oiseaux) et les lapins prélevaient leur nourriture en partie sur les récoltes, ils étaient à leur tour chassés et mangés par l'homme. Autrement dit le paysan récupérait son blé en mangeant le perdreau qui s'était nourri dans ses champs.


Cette méthode donnait de meilleurs résultats que l'agriculture actuelle, en raison du fait que les plantes cultivée (qui ont leur propres systèmes de défense) étaient en meilleure santé et ne nécessitait généralement aucun traitement contre les maladies. Sauf bien sûr celles qui furent le résultat de l'invasion d'une espèce nouvelle introduite par l'homme.


Cette prospérité était ancienne :
"Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France".

Voilà les mots qu'aimait à répéter Sully, l'ami et le ministre du roi Henri IV. Cet homme intelligent prit de nombreuses mesures en faveur des paysans : bétail et outils de travail deviennent insaisissables, construction de voies de communication, facilitation des acquisitions de biens communs et de l'exportation du blé et du vin.



Aujourd’hui où sont passés les coquelicots, les bleuets, les perdreaux et les lapins ?

Voir toutes ces destructions m’a rendu nostalgique bien souvent, même si j’apprécie aussi certains aspects du monde actuel. Cette nostalgie de la vie de mon enfance ne m’a jamais quittée. J’avoue que pour cela je n’ai jamais aimé les villes, les routes, les usines, les carrières, les mines : tout ce qui défigure la pureté et la beauté originelle de la Terre, y compris celle - plus récente - des paysages créés par cette paysannerie.

L’appétit de l’homme industrialisé n’a pas de limites, il dévore la Terre : quand il l’aura totalement rendue inhabitable où irons-nous ?

Cette façon de penser, née dans ma petite enfance, m’a rendu très incompris des hommes jusqu’à ce jour, et m’a constamment posé des problèmes avec mes épouses! Avec le temps, beaucoup de temps, je me suis fait une raison à titre personnel : depuis déjà très longtemps nous n’avons jamais été très nombreux à avoir ce type de relation avec la terre. Mais sur un autre plan je sais que retrouver cette relation est indispensable à la survie de notre espèce : d’où sens de la vie.

Amitiés à tous




(*) La France a ensuite détruit des centaines de milliers de Km de ces haies, au nom du "remembrement".




http://www.sens-de-la-vie.com/
http://www.salvation-of-humans.com/
Sources d'inspiration pour tous



[ Message édité par : Alain : 15-07-2009 02:57 ]



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